Valentina Acierno
Vicens Vidal
Victor Rahola
Xabier Eizaguirre
Xabier Unzurrunzaga
Xavier Fàbregas
Xavier Monteys
Xavier Rubert de Ventós
Zaida Muxí
Àlex Giménez
Amador Ferrer
Angel Martín
Anton Pàmies
Antoni Llena
Antoni Marí
Antonio Font
Aquiles González
Ariella Masboungi
Axel Fohl
Beth Galí
 
On pourrait parler longtemps du rôle de Manuel, de la création
du Laboratorio d’urbanisme de Barcelone, de son apport théorique, de la revue UR, de ses projets, de ses cravates, de ses écrits.
Parmi les souvenirs nombreux des moments passés avec lui, je voudrais m’attarder sur le suivant. Au milieu des années 80, nous avions débarqué avec une quinzaine d’étudiants de Versailles, presque à l’improviste, au laboratorio où Manuel nous avait reçus avec sa gentillesse coutumière et s’était livré à un petit exposé des

thèmes qui le motivaient alors. Évoquant sur le ton de la conversation les dernières réalisations barcelonaises: «allez voir la via Julia», il s’interrogeait sur la notion d’articulation, sur le rapport entre l’espace de la ville et les temps de la vie urbaine, sur l’évolution de la société et des manières de vivre la ville.
Vers la fin de la rencontre et pour conclure, Manuel lança aux étudiants: «il serait peut être temps maintenant de faire un urbanisme urbain, non…»
Un urbanisme urbain! Jeu de mot ou pensée profonde? Il me semble retrouver Manuel dans cette manière lapidaire et ironique de dire des choses
simples que l’on avait oubliées. Inutile de faire un long discours et de lancer une diatribe contre les technocrates - un urbanisme urbain: un urbanisme qui s’occupe, qui se préoccupe de la ville, de ses agencements, de ses articulations et de la vie urbaine qui s’y déroule.
Manuel avait obtenu si ma mémoire est bonne, un doctorat d’économie, mais jamais je ne l’ai entendu évoquer la fameuse «rationalité économique» pour justifier une décision, une disposition qui ne soit pas d’abord un enrichissement de la vie urbaine, un don aux habitants, aux promeneurs, aux autres. / Paris